Revolver LeMat

Revolver LE MAT à chevrotines. collection privée
Revolver LE MAT à chevrotines. collection privée

Le Revolver LeMat est un revolver à percussion du milieu du 19 ème siècle comportant un barillet de 9 coups et présentant la particularité de disposer d'un canon supplémentaire de très fort calibre situé sous le canon principal, et constituant l'axe du barillet

 

Un peu d'histoire

Cette arme étonnante pose un délicat problème à tout amateur de précision historique ! Peut-on réellement la considérer comme un revolver du sud ?

Sur ce point particulier, les experts sont très partagés.

En effet, comment qualifier une pièce inventée par un citoyen français, médecin de son état, puis officier supérieur de la milice de l’état de Louisiane, établi aux Etats Unis où furent conçus, fabriqués et brevetés les premiers exemplaires du revolver qu’il fit par la suite produire en grande série à Paris, puis à Londres, ces pièces étant très majoritairement destinées à l’équipement de l’armée et de la marine confédérées ?

 

Jean Alexandre François Le Mat naquit à Paris vers 1820, au sein d’une famille bourgeoise. 

En 1842, il obtient son diplôme de docteur en médecine à la faculté de Montpellier et partit immédiatement s’installer à La Nouvelle-Orléans, où certaines de ses relations étaient déjà établies.

Peu après, il épousa Mlle Justine Leprêtre, fille d’un riche planteur de la région, d’origine française. Accédant subitement à un statut social beaucoup plus favorable, le jeune docteur put enfin se consacrer pleinement à sa véritable passion : l’armurerie. Le 21 octobre 1856, il déposa aux Etats Unis un brevet enregistré sous le N° 15925, ce document décrit une arme très proche du modèle que nous connaissons.

En avril 1859, Le Mat s’associa au commandant Pierre Gustave Beauregard, ingénieur de l’armement du ministère américain de la guerre alors affecté à La Nouvelle-Orléans.

LeMat, The Grapeshot Revolver (« le revolver mitraille »)
LeMat, The Grapeshot Revolver (« le revolver mitraille »)

Peu avant, au mois de mars, Beauregard avait réuni une commission informelle composée d’experts militaires de ses relations et d’hommes politiques locaux, à laquelle la « fameuse pièce » fut présentée.

L’avis de ces responsables fut unanime, considérant que le révolver constituait « une grande amélioration » par rapport au Colt.

L’arme fut jugée très polyvalente, parfaitement adaptée à l’usage militaire, notamment au combat au corps à corps auxquels pouvaient se livrer les unités de cavalerie et les troupes de la Navy lors des abordages.

 

Vue du second canon à mitraille sous le canon principal.
Vue du second canon à mitraille sous le canon principal.

Ces responsables, recommandèrent l’adoption du Le Mat au sein des troupes régulières « dés que possible ».

Un groupe d’experts se réunit en mai 1859, bien décidé à pousser le Le Mat dans ses derniers retranchements.

L’arme passa brillamment cette difficile épreuve, confirmant une nouvelle fois son avantage sur les modèles Colt.

Les inspecteurs furent particulièrement sensibles au nombre de balles tiré sans rechargement du barillet et aux vertus dévastatrices du canon lisse chargé à chevrotines !

Le mécanisme fut jugé suffisamment robuste pour convenir à un usage militaire.

Chien en position pour le tir des chambres du barrilet
Chien en position pour le tir des chambres du barrilet

Revolver à percussion et simple action à carcasse ouverte.

  • Calibre 42.
  • Barillet comportant 9 chambres. Longueur 44 mm. Diamètre 49 mm.
  • Balles coniques de 206 grains, longues de 19 mm, propulsées par 16 grains de poudre noire.

Le barillet pivote autour d’un large axe creux qui est un second canon dont la longueur peut varier entre 155 mm et 175 mm.

 

La pièce une fois pivotée permet de tirer le canon à grenaille
La pièce une fois pivotée permet de tirer le canon à grenaille

Ce canon est lisse et peut tirer une balle de 406 grains ou une charge de 15 chevrotines.

Il est conçu pour supporter une dose de 40 grains de poudre noire. Son chargement se fait par la bouche.

Chien à percuteur articulé pouvant frapper les cheminées du barillet ou celles du canon lisse par simple pivotement du percuteur.

 

D'un simple geste, le tireur pouvait faire pivoter cette pièce, transformant ainsi son revolver classique en une redoutable arme de corps à corps.

Article rédigé par Bruno Marceau

Texte extrait du livre de Didier Bianchi,

« Les armes de la guerre de sécession »(Le sud)

-Photos collection privée

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Commentaires: 4
  • #1

    Visiteur (samedi, 26 août 2017 12:00)

    Belle présentation de ce revolver peu connu

  • #2

    Pellé (jeudi, 07 septembre 2017 15:03)

    Histoire très intéressante, merci beaucoup.

  • #3

    Laplace Gilbert (dimanche, 23 août 2020 17:25)

    Je possède un catalogue,en Anglais ou Américain qui vient du Canada,de 1927 ou est représenté un Le Mat navy,pas de photo mais un dessin,en calibre de 44 ??? Le vrai du faux ???? ou est l'erreur?

  • #4

    L.G. (mardi, 01 septembre 2020 10:55)


    Le Mat revolver,this arm has two barrel,one of .44 caliber for the 10-shot percussion cylider.The lower one is smooth bore of 12 ga. intended for a cartridge loaded with buckshot and fired by turning down the point of the hammer from the chamber in center of the cyl. inder.Made in several styles and sizes both in France and England just prior to 1861.Used to a limited degree both an south ,1861,1865. The inventor, Col. Le Mat,was a French officer who located in New Orleans in the early 50's.The patent was taken out in 1856. BANNERMAN CATALOGUE OF MLITARY GOODS-1927